(Péri)ménopause en France : ce que 147 femmes nous ont dit sur leur parcours de soins
Les grands chiffres sont connus. Notre enquête auprès de patientes les confirme — et les met en visages.
En France, 17 millions de femmes sont concernées par la ménopause ou la périménopause. 500 000 nouvelles femmes entrent en ménopause chaque année. 87% des femmes ménopausées présentent au moins un symptôme. Et pourtant, selon le rapport parlementaire remis en avril 2025, seulement 2,5% bénéficient du traitement de référence, le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM).
Ces chiffres, nous les connaissions. Nous les avons lus dans les études du GEMVI, dans les rapports du Sénat, dans les publications de l'Inserm.
Mais nous voulions les vérifier nous-mêmes, auprès de vraies femmes, dans leur réalité quotidienne. Entre septembre 2025 et janvier 2026, nous avons interrogé 147 femmes inscrites sur la liste d'attente de MenoClinic. Des femmes en périménopause, en ménopause, ou qui ressentent des symptômes sans encore savoir les nommer.
Voici ce que nous avons appris.
L'errance médicale n'est pas un concept abstrait
72% des femmes interrogées avaient déjà consulté un professionnel de santé pour leurs symptômes de (péri)ménopause. Elles ne sont pas restées les bras croisés. Elles ont poussé la porte d'un cabinet.
Parmi elles, 76% ont vu un(e) gynécologue, 50% un(e) généraliste. En moyenne, elles ont consulté 2,1 praticiens différents. 56% en ont vu deux ou plus.
Et malgré tout : 69% estiment que le ou les médecins consultés n'étaient ni formés, ni à l'écoute sur le sujet de la (péri)ménopause.
Ce chiffre fait écho à un constat national. En France, il n'existe aucune formation obligatoire sur la ménopause dans le cursus médical. Les connaissances des praticiens dépendent de leur initiative personnelle. Le rapport parlementaire de 2025 l'a d'ailleurs identifié comme un axe prioritaire, en recommandant l'intégration de modules dédiés dans la formation initiale et continue des médecins.
Notre enquête confirme que ce déficit de formation ne se traduit pas seulement par des chiffres dans un rapport — il se traduit par des femmes qui consultent, qui espèrent, et qui repartent sans réponse.
Une urgence ressentie au quotidien
59% des répondantes déclarent souhaiter une consultation le plus rapidement possible. 37% dans les mois à venir. Seules 3% se disent simplement en veille.
Autrement dit : 96% des femmes qui nous ont répondu ont un besoin actif de prise en charge. Ce n'est pas une curiosité. C'est une demande de soins.
Cette urgence est cohérente avec les données nationales. L'étude Essity de 2023 montrait que 60% des femmes ne se sentent pas suffisamment accompagnées. Le rapport du Sénat sur la santé des femmes au travail soulignait que les symptômes de la (péri)ménopause touchent une large majorité de femmes en âge de travailler, avec des conséquences directes sur leur qualité de vie professionnelle et personnelle.
Le THM : un traitement qui existe, mais qui n'arrive pas aux patientes
Le Traitement Hormonal de la Ménopause est l'un des traitements les plus étudiés et les mieux documentés en médecine féminine. Les données actuelles montrent une réduction significative du risque cardiovasculaire, de l'ostéoporose et des symptômes climatériques lorsqu'il est prescrit dans la fenêtre d'opportunité thérapeutique.
Pourtant, en France, le taux de prescription a chuté de 35% en 2002 à 2,5% en 2024 — principalement en raison des controverses liées à l'étude WHI américaine, dont les conclusions ont depuis été largement nuancées par la communauté scientifique internationale.
Notre enquête révèle un double problème d'information :
48% des femmes interrogées ne connaissent pas le THM ou n'en sont pas sûres
Mais 84% se disent ouvertes ou prêtes à l'envisager
L'appétit est là. L'information n'arrive pas. Et quand elle arrive, elle vient souvent des patientes elles-mêmes, pas de leurs médecins.
Ce que ces femmes nous disent, dans leurs mots
Au-delà des chiffres, les témoignages libres des répondantes dessinent un portrait saisissant :
"Ma gynécologue réduit la ménopause aux bouffées de chaleur. J'ai d'autres symptômes : vertiges, fatigue, changements d'humeur…"
"Aucun des généralistes et spécialistes vus ne m'a prise au sérieux."
"C'est très frustrant de sentir que les docteurs ne sont pas préparés à accompagner les femmes en périménopause."
"J'ai dû faire beaucoup de recherches pour me renseigner moi-même."
Ces témoignages ne sont pas anecdotiques. Ils sont représentatifs d'un parcours de soins qui ne fonctionne pas pour la majorité des femmes concernées.
Pourquoi MenoClinic existe
Cette enquête ne nous a pas appris quelque chose de nouveau. Elle a confirmé, avec des données et des visages, ce que la littérature scientifique, les rapports institutionnels et les témoignages de milliers de femmes disent depuis des années.
La (péri)ménopause touche la moitié de la population à un moment de sa vie. Les traitements existent. Les données scientifiques sont solides. Les femmes sont en demande. Et malgré tout, le parcours de soins reste fragmenté, la formation des praticiens insuffisante, et l'accès à une prise en charge spécialisée quasi inexistant.
C'est précisément pour répondre à cette réalité que MenoClinic existe : proposer une prise en charge experte, coordonnée et fondée sur les dernières données scientifiques, pour que chaque femme puisse traverser cette étape de vie avec les bons soins, la bonne information, et la bonne écoute.
Enquête réalisée auprès de 147 femmes inscrites sur la liste d'attente MenoClinic, entre septembre 2025 et janvier 2026.
Sources : Rapport parlementaire sur la ménopause en France (avril 2025), Étude GEMVI/Maturitas 2022, Rapport du Sénat sur la santé des femmes au travail (2023), Étude Essity 2023, Inserm, Ministère de la Santé.